Le marché des bureaux de Casablanca sort de l'ère post-Covid
Cinq ans après le choc de la pandémie, le marché des bureaux de Casablanca — le plus grand parc immobilier tertiaire du Royaume — retrouve progressivement son dynamisme. Le retour au bureau s'est confirmé, les surfaces se réabsorbent dans les quartiers d'affaires et les indicateurs officiels sont repassés au vert : selon l'indice IPAI n°61 de Bank Al-Maghrib, les prix des bureaux ont progressé de +2,2 % au T4 2024, avec un volume de transactions en hausse de +100,4 % sur le trimestre — le signal le plus fort depuis 2019.
Ce rebond intervient après une phase de correction profonde : le cabinet JLL estimait la vacance des bureaux casablancais à environ 25 % du parc qualitatif à fin 2021, dans le sillage du Covid, et les loyers faciaux des immeubles Grade A étaient tombés en moyenne à 140–160 MAD/m²/mois. Le marché est depuis engagé dans une résorption progressive, inégale selon les quartiers — d'où une polarisation nette des loyers.
Polarisation des loyers : le haut de gamme se distingue
La grande tendance de 2026, c'est l'écart croissant entre les adresses de premier plan et le reste du parc. D'un côté, des loyers qui tiennent, voire progressent, dans les pôles d'affaires modernes ; de l'autre, des zones secondaires où la pression reste forte sur les valeurs locatives.
Le pôle CFC / Casa Anfa : le hub tertiaire de référence
Casablanca Finance City concentre l'essentiel de l'offre future de bureaux haut de gamme et s'est imposé comme le nouveau hub tertiaire de la ville, aux côtés de Casa Anfa. Le district regroupe déjà plus de 180 entreprises internationales, avec un objectif de 500 implantations d'ici 2030. Les loyers y atteignent 180 à 250 MAD/m²/mois et les prix de vente 20 000 à 28 000 MAD/m² (le neuf s'échangeait déjà 22 000 à 27 000 MAD/m² dans les nouveaux quartiers d'affaires dès 2022, selon JLL).
C'est le seul marché marocain à proposer des immeubles Grade A certifiés (LEED, HQE, EDGE), des baux longs de 5 à 9 ans adossés à des garanties bancaires et des loyers parfois indexés sur les devises. La contrepartie : des tickets d'entrée élevés, souvent supérieurs à 500 000 USD, qui réservent ce segment aux investisseurs institutionnels.
Centre-ville et quartiers historiques : Gauthier, Racine, Maarif
Le centre des affaires historique reste le meilleur compromis rendement/risque du marché. À Gauthier/Racine, les loyers oscillent entre 150 et 200 MAD/m²/mois pour des prix de 17 000 à 25 000 MAD/m², avec une vacance structurellement faible (moins de 8 %) et des rendements bruts de 9 à 11 %. La transformation des immeubles haussmanniens en espaces de travail premium tire les loyers vers le haut.
Maarif/Palmier joue un rôle différent : c'est le quartier le plus cher pour les bureaux (jusqu'à 30 000 MAD/m² dans l'extension) et celui qui offre la plus forte liquidité du marché — un bien se vend en 45 à 90 jours. Le rendement brut y est plus serré (6 à 8 %), mais la valeur patrimoniale est maximale.
Zones secondaires et périphérie : le rendement comme moteur
À l'autre bout du spectre, les zones secondaires séduisent par leurs rendements et leurs prix d'entrée accessibles :
- Sidi Maarouf, le quartier tech : loyers de 90 à 130 MAD/m²/mois, prix de 11 000 à 18 000 MAD/m², demande IT/BPO en hausse de 8 à 12 % par an.
- Ain Sebaa / zone Est : 500+ entreprises, environ 38 000 emplois, loyers de 50 à 75 MAD/m²/mois, rendements bruts de 9 à 11,5 %.
- Bouskoura / Nouaceur, aux portes de l'aéroport Mohammed V : la zone la plus exposée aux retombées de la Coupe du Monde 2030, avec des prix encore bas (6 000 à 11 000 MAD/m²).
Prix de vente et rendements par quartier : le tableau complet
| Quartier | Prix achat (MAD/m²) | Loyer (MAD/m²/mois) | Rendement brut | Profil locataire |
|---|---|---|---|---|
| Casablanca Finance City | 20 000 – 28 000 | 180 – 250 | 8,0 – 10,5 % | Multinationales, banques, assurances |
| Gauthier / Racine | 17 000 – 25 000 | 150 – 200 | 9,0 – 11,0 % | PME, professions libérales, cabinets |
| Anfa / Côte d'Or | 18 000 – 25 000 | 130 – 180 | 7,0 – 9,0 % | Groupes internationaux, services premium |
| Maarif / Palmier | 20 000 – 30 000 | 130 – 170 | 6,0 – 8,0 % | PME, bureaux mixtes |
| Sidi Maarouf | 11 000 – 18 000 | 90 – 130 | 8,0 – 10,0 % | IT, BPO, startups |
| Technopark | 8 000 – 13 000 | 70 – 100 | 8,0 – 10,0 % | Startups, coworking |
| Ain Sebaa / Zone Est | 5 000 – 9 000 | 50 – 75 | 9,0 – 11,5 % | Industrie, logistique, BTP |
| Bouskoura / Nouaceur | 6 000 – 11 000 | 60 – 90 | 9,0 – 11,0 % | Aéronautique, logistique internationale |
Fourchettes indicatives compilées à partir des transactions récentes (annonces immobilières) et des indices IPAI/ANCFCC, analyses 2025-2026. Les rendements sont bruts, avant charges, vacance et fiscalité.
Un point de méthode : le rendement brut se calcule en divisant le loyer annuel par le prix d'achat (ex. 120 MAD/m²/mois × 12 / 15 000 MAD = 9,6 %). Il faut ensuite déduire les charges de copropriété — 20 à 60 MAD/m²/mois dans les immeubles du centre-ville, parfois non incluses dans le loyer affiché —, la taxe professionnelle, l'assurance et une provision pour vacance. Ces postes amputent généralement le rendement de 2 à 3 points.
Ce qui change pour les investisseurs en 2026
Trois catalyseurs structurels soutiennent la reprise, selon les analyses publiées en 2025-2026 :
- La Coupe du Monde 2030. Casablanca accueillera des matchs, et l'installation de sièges régionaux, de media houses et de prestataires internationaux crée une demande de bureaux haut de gamme inédite dès 2026-2028.
- Le rôle de hub africain. Chaque nouvelle implantation à Casablanca Finance City génère une demande de bureaux dans les quartiers adjacents, comme Sidi Maarouf ou Gauthier.
- La détente monétaire. La politique plus accommodante de Bank Al-Maghrib relance l'investissement à crédit dans l'immobilier professionnel.
La demande elle-même a changé de nature. Selon l'enquête Carré Immobilier présentée lors de la conférence JLL, 60 % des recherches portent sur des surfaces inférieures à 300 m², les projets d'extensions ont progressé de 7 points au détriment des relocalisations et la part des acquisitions souhaitées est passée de 43 % à 55 %. Les entreprises veulent du « plug-and-play » — des plateaux modernes et flexibles —, mais aux prix des bureaux standards. Les bailleurs qui répondent à cette double exigence tirent leur épingle du jeu ; les immeubles vieillissants subissent une pression baissière.
Côté fiscalité, les investisseurs doivent intégrer la retenue à la source de 5 % sur les loyers versés par certaines personnes morales, introduite par la Loi de Finances 2026 (applicable depuis le 1er juillet 2026) — un point détaillé dans notre analyse dédiée.
Les bons réflexes avant d'acheter un bureau à Casablanca
- Faites expertiser avant d'acheter. Les prix affichés en ligne sont des prix vendeur ; sans expertise indépendante, le risque de surpayer de 15 à 30 % est réel.
- Vérifiez le juridique. Titre foncier propre, conformité du permis avec l'usage bureau, parties communes sans litige : la due diligence est non négociable.
- Contrôlez les charges. Dans le centre-ville, les charges de copropriété (20 à 60 MAD/m²/mois) peuvent amputer le rendement de 2 à 3 points si elles ne sont pas refacturées au locataire.
- Étudiez le micro-marché locatif. Un loyer « de marché » à Sidi Maarouf n'est pas celui d'Ain Sebaa ni du CFC : l'étude locative du quartier évite les erreurs de pricing.
Entre rendements élevés de la périphérie, liquidité du centre-ville et stabilité institutionnelle du CFC, le marché des bureaux de Casablanca offre en 2026 un éventail complet de profils d'investissement. La clé : aligner le quartier choisi sur votre horizon, votre capacité de financement et votre tolérance à la vacance.
FAQ
Les loyers des bureaux à Casablanca sont-ils en hausse en 2026 ?
La tendance est à la stabilisation, voire à la reprise dans le haut de gamme, après plusieurs années de baisse. Les loyers faciaux des immeubles Grade A étaient tombés à 140–160 MAD/m²/mois en moyenne à la sortie de la crise Covid (JLL), et les prix des bureaux ont renoué avec la hausse au T4 2024 : +2,2 % selon l'indice IPAI n°61 de Bank Al-Maghrib, avec un volume de transactions en progression de plus de 100 % sur le trimestre. En 2026, le marché est marqué par une polarisation : les loyers se maintiennent à 180–250 MAD/m²/mois dans les quartiers d'affaires de premier plan (Casablanca Finance City, Anfa), tandis que les zones secondaires restent sous pression.
Quel rendement locatif peut-on attendre d'un bureau à Casablanca ?
Selon les analyses de marché publiées en 2025-2026, le rendement brut varie fortement selon le quartier : de 6 à 8 % à Maarif/Palmier, 7 à 9 % à Anfa, 8 à 10,5 % à Casablanca Finance City, et jusqu'à 9 à 11,5 % à Gauthier/Racine, Sidi Maarouf ou Ain Sebaa. Attention : il s'agit de rendements bruts. Après charges de copropriété (20 à 60 MAD/m²/mois dans les immeubles du centre-ville), taxe professionnelle, assurance et vacance locative, le rendement net se situe généralement 2 à 3 points en dessous.
Quels quartiers offrent le meilleur rapport rendement/risque en 2026 ?
Gauthier/Racine et Sidi Maarouf se distinguent en 2025-2026 : le premier combine des loyers de 150 à 200 MAD/m²/mois, une vacance structurellement faible (moins de 8 %) et des prix d'achat encore raisonnables (17 000 à 25 000 MAD/m²) ; le second profite de la croissance de la demande tech et BPO (+8 à 12 % par an) avec des prix d'entrée de 11 000 à 18 000 MAD/m². Casablanca Finance City reste la valeur sûre institutionnelle, mais avec des tickets d'entrée élevés.
Casablanca Finance City ou centre-ville : où investir dans les bureaux ?
Tout dépend de votre profil. Casablanca Finance City (20 000 à 28 000 MAD/m² à l'achat, loyers de 180 à 250 MAD/m²/mois) offre une demande locative captive et institutionnelle, des baux longs (5 à 9 ans) et des loyers parfois indexés sur les devises, mais exige des tickets d'entrée supérieurs à 500 000 USD. Le centre-ville (Gauthier, Maarif) offre une liquidité maximale — un bien se vend en 45 à 90 jours à Maarif — et de meilleurs rendements bruts, au prix d'immeubles parfois anciens nécessitant des travaux.
Quelles charges déduire du rendement brut d'un bureau à Casablanca ?
Pour passer du rendement brut au rendement net, il faut déduire : les charges de copropriété (20 à 60 MAD/m²/mois dans les immeubles du centre-ville, parfois non comprises dans le loyer affiché), la taxe professionnelle, l'assurance, et une provision pour vacance locative. Au total, ces postes représentent généralement 15 à 20 % du rendement brut. Ensuite, selon votre structure (IR ou IS), l'imposition des revenus locatifs réduit encore le rendement net-net. À noter : depuis le 1er juillet 2026, une retenue à la source de 5 % s'applique sur les loyers versés par certaines personnes morales (LF 2026).
La Coupe du Monde 2030 va-t-elle profiter au marché des bureaux de Casablanca ?
Oui, c'est l'un des trois catalyseurs identifiés par les analystes, avec le rôle de hub africain de Casablanca et la détente des taux de Bank Al-Maghrib. L'arrivée de sièges régionaux, de media houses et de prestataires internationaux liés à l'organisation de la Coupe du Monde 2030 devrait créer une demande supplémentaire de bureaux haut de gamme dès 2026-2028. Les zones proches de l'aéroport Mohammed V (Bouskoura, Nouaceur) et le pôle Casablanca Finance City sont considérés comme les principaux bénéficiaires.
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Sources & Verification
- Ecoactu.ma — Marché des bureaux à Casablanca : analyse JLL et enquête Carré Immobilier (vacance 25 % fin 2021, loyers Grade A 140–160 MAD/m², +140 000 m² d'offre)(medium trust)
- ReaConsult (expertise RICS) — Bureaux à Casablanca 2025-2026 : prix, loyers et rendements par quartier ; IPAI n°61 (T4 2024 : +2,2 % prix, +100,4 % transactions)(medium trust)
- DarIndex — Données marché immobilier Casablanca 2026 (prix et loyers moyens au m², rentabilité brute par quartier, 32 203 annonces)(medium trust)
- Le360 / Aujourd'hui Le Maroc — Diagnostic du marché de l'immobilier professionnel (conférence JLL, chiffres vacance et loyers Grade A)(medium trust)
Frequently Asked Questions
Les loyers des bureaux à Casablanca sont-ils en hausse en 2026 ?
La tendance est à la stabilisation, voire à la reprise dans le haut de gamme, après plusieurs années de baisse. Les loyers faciaux des immeubles Grade A étaient tombés à 140–160 MAD/m²/mois en moyenne à la sortie de la crise Covid (JLL), et les prix des bureaux ont renoué avec la hausse au T4 2024 : +2,2 % selon l'indice IPAI n°61 de Bank Al-Maghrib, avec un volume de transactions en progression de plus de 100 % sur le trimestre. En 2026, le marché est marqué par une polarisation : les loyers se maintiennent à 180–250 MAD/m²/mois dans les quartiers d'affaires de premier plan (Casablanca Finance City, Anfa), tandis que les zones secondaires restent sous pression.
Quel rendement locatif peut-on attendre d'un bureau à Casablanca ?
Selon les analyses de marché publiées en 2025-2026, le rendement brut varie fortement selon le quartier : de 6 à 8 % à Maarif/Palmier, 7 à 9 % à Anfa, 8 à 10,5 % à Casablanca Finance City, et jusqu'à 9 à 11,5 % à Gauthier/Racine, Sidi Maarouf ou Ain Sebaa. Attention : il s'agit de rendements bruts. Après charges de copropriété (20 à 60 MAD/m²/mois dans les immeubles du centre-ville), taxe professionnelle, assurance et vacance locative, le rendement net se situe généralement 2 à 3 points en dessous.
Quels quartiers offrent le meilleur rapport rendement/risque en 2026 ?
Gauthier/Racine et Sidi Maarouf se distinguent en 2025-2026 : le premier combine des loyers de 150 à 200 MAD/m²/mois, une vacance structurellement faible (moins de 8 %) et des prix d'achat encore raisonnables (17 000 à 25 000 MAD/m²) ; le second profite de la croissance de la demande tech et BPO (+8 à 12 % par an) avec des prix d'entrée de 11 000 à 18 000 MAD/m². Casablanca Finance City reste la valeur sûre institutionnelle, mais avec des tickets d'entrée élevés.
Casablanca Finance City ou centre-ville : où investir dans les bureaux ?
Tout dépend de votre profil. Casablanca Finance City (20 000 à 28 000 MAD/m² à l'achat, loyers de 180 à 250 MAD/m²/mois) offre une demande locative captive et institutionnelle, des baux longs (5 à 9 ans) et des loyers parfois indexés sur les devises, mais exige des tickets d'entrée supérieurs à 500 000 USD. Le centre-ville (Gauthier, Maarif) offre une liquidité maximale — un bien se vend en 45 à 90 jours à Maarif — et de meilleurs rendements bruts, au prix d'immeubles parfois anciens nécessitant des travaux.
Quelles charges déduire du rendement brut d'un bureau à Casablanca ?
Pour passer du rendement brut au rendement net, il faut déduire : les charges de copropriété (20 à 60 MAD/m²/mois dans les immeubles du centre-ville, parfois non comprises dans le loyer affiché), la taxe professionnelle, l'assurance, et une provision pour vacance locative. Au total, ces postes représentent généralement 15 à 20 % du rendement brut. Ensuite, selon votre structure (IR ou IS), l'imposition des revenus locatifs réduit encore le rendement net-net. À noter : depuis le 1er juillet 2026, une retenue à la source de 5 % s'applique sur les loyers versés par certaines personnes morales (LF 2026).
La Coupe du Monde 2030 va-t-elle profiter au marché des bureaux de Casablanca ?
Oui, c'est l'un des trois catalyseurs identifiés par les analystes, avec le rôle de hub africain de Casablanca et la détente des taux de Bank Al-Maghrib. L'arrivée de sièges régionaux, de media houses et de prestataires internationaux liés à l'organisation de la Coupe du Monde 2030 devrait créer une demande supplémentaire de bureaux haut de gamme dès 2026-2028. Les zones proches de l'aéroport Mohammed V (Bouskoura, Nouaceur) et le pôle Casablanca Finance City sont considérés comme les principaux bénéficiaires.
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